Les remparts dont je parlerai aujourd'hui sont ceux de Vendémian, petit village de l'Hérault, berceau de ma famille.

Bâtit sur un replat, le centre historique du village, aménagé au XIVème siècle, prend la forme d’un quadrilatère d'environ 139 m x 122 m autour d’un donjon devenu l'église paroissiale.

En 1389, les habitants obtinrent l'autorisation de fortifier la place par la construction d’une enceinte flanquée de tours d’angles. Ci-après, le texte qui relate cet événement dans "Histoire de la Vicomté d'Aumelas et de la Baronnie du Pouget" de l'Abbé Delouvrier.

"Les habitants, convoqués par le baïle sur la place publique, exposèrent à Messire Arnaud, leur seigneur, que par diverses fois la communauté avait reçu plusieurs graves mauvais traitements, par défaut d'avoir pu entourer le lieu de murailles; que même ledit lieu avait été souventes fois ruiné et saccagé par la guerre qui avait duré longtemps dans la contrée, et que leurs meubles et leurs bestiaux étaient souventes fois pillés par des attroupements de voleurs et d'autres vagabonds . Ils supplièrent ensuite le seigneur de leur permettre, de grâce spéciale, de servir ledit lieu de murailles d'après la méthode suivante, à savoir, que 1° la terre qui se trouvera à l'en-tour des murailles et barbacanes, rue et fossés, sera franche et libre de toutes tailles et censives, et que l'on procédera à la division des chazeaux, du carême prochain en un an; lesquels chazeaux demeureront quittes et exempts de tout paiement, remise et cens, etc. ; 2° que les maisons, qui sont dans l'ancienne forteresse, paieront leurs cens et devoirs accoutumés; 3° que les syndics pourront ordonner de nouvelles rues; 4° que, chaque année, les nouveaux syndics commettront pour garder les clés des portes deux personnes, qui seront tenues de rendre compte au baïle; 5° que pourront les habitants faire des fenêtres qui ne regardent que le dedans de la forteresse; 6° que les syndics, après avoir achevé la murraille, pourront muer et changer la tour qui est dans la place vieille et faire des barbacanes aux murs, ainsi que bon leur semblera, établir des ponts-levis, et utiliser celui du portail de l'ancienne forteresse; 7° que tout ce qui sera trouvé et proviendra des anciens lieux, appartiendra à la communauté; 8° enfin, que les seigneurs ne pourront imposer sur les caves aucun ban, ni demander autre chose, Si ce n'est que les syndics disposent de tout " pour l'intérêt de la communauté ". La demande ayant été favorablement accueillie, quatre habitants eurent tous les pouvoirs nécessaires pour ceindre de murailles ladite forteresse,.. allouer et colloquer tous et chacuns des habitants dans la forteresse, tant ancienne que nouvelle, en des lieux convenables pour chaque chef de maison, lesquels ils leur bailleraient avec ou sans paiement .... abattre les maisons qui sont hors de l'ancienne forteresse;… construire un four à la communauté...; contraindre les habitants à exécuter, payer et contribuer pour ladite oeuvre et imposer les tailles, etc".

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Deux ouvertures permettaient d'accéder au village, une seule subsiste aujourd’hui. La grande porte, dite Porte Saint-Antoine, a été détruite dans la seconde moitié du XIXe s. pour aérer et ouvrir la vieille place du village. On conserva la seconde porte, dite Porte Notre-Dame, qui flanquait la grande enceinte du XIVème siècle au nord-ouest.

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Ci-dessous, une carte postale, issue des archives familiales, qui met en scène la Porte Notre-Dame. Je ne sais pas quand cette carte a été éditée, je sais seulement qu'elle a été envoyée en 1925.

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On retrouve ces remparts également dans la dénomination des rues. Il existe notamment une "rue du chemin de ronde"

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